La fable : un genre très apprécié

Ci-dessous : Mademoiselle Gigi (2010)

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Au, XVIIIe siècle, les émules de La Fontaine s'en donnent à cœur joie. On philosophe sur l'intérêt de la fable ( toujours pédagogique), on moralise, on rivalise.

Le chat se retrouve dans de nombreuse fables dont les plus connues sont celles de Florian : on peut aisément les trouver sur la Toile.

Oublié, est un nommé La Fermière avec ses Fables et contes dédiés à son altesse impériale Monseigneur le grand duc de toutes les Russies, Paris, chez Lacombe, 1775.

LA FABLE ET LA VÉRITÉ

   La Vérité dit un jour à la Fable :

De quel front soutiens-tu que nos droits sont égaux ?

J'existe avant les temps : toujours brillante et stable,

   J'ai vu les éléments s'élancer du chaos.

   Tout se détruit, change et succombe ;

   A cette loi l'univers est soumis ;

   Je la brave ; un empire tombe ;

   Moi, je m'assieds sur ses débris.

Je connais ton pouvoir, je sais ton origine,

   Lui répond la Fable en riant ;

   Elle est très noble assurément ;

   Sur les âges elle domine :

Je ne suis que ton ombre, et le dis franchement ;

   Mais je fuis une ombre badine.

Ton miroir, par exemple, est un meuble effrayant;

La faiblesse le craint, l'amour-propre le brise ;

   Moi, je corrige en égalant ;

Tu montres la leçon, et moi, je la déguise.

   Le temps ne fut pas trop sensé

   De t'avoir ainsi dépouillée :

Quand l'homme est corrompu ; tu dois être voilée.

Ma très auguste soeur, l'âge d or est passé.

   Ne vas point prêcher ainsi nue,

   Si tu prétends grossir ta cour.

Vénus même, Vénus plaît mieux un peu vêtue ;

  La nudité ne sied bien qu'à l'Amour.

   Tu menaces ; je ris sans cesse.

Pour instruire l'orgueil, il faut le caresser.

Quand je guéris les cœurs que tu viens de blesser,

L'homme, ce vieil enfant, me prend pour la sagesse.

   Tiens, faisons la paix en ce jour :

  Unissons-nous pour venger ton injure :

   Je serai ta dame d'atour,

   Et j'aurai soin de ta parure.

Claude-Joseph Dorat (1734-1780)

Un chat, la gloire de l’espèce,

Beau, poli, plein de gentillesse,

  Enfin un chat de qualité,

  Nourri dans la délicatesse,

  Et qui n’avait jamais été

  Dans la triste nécessité

D’aller en Rodelard pour chercher sa pâture,

De souris et de rats faire déconfiture ;

  Ce chat donc, si bien appris,

  Un beau matin d’aventure,

  Se saisit d’une souris.

  La chétive créature,

  Qui sentit griffe de chat,

    Fit état

  D’être à son heure dernière,

  Et pourtant fit la prière

  Qu’à la bête meurtrière

  Souris font en pareil cas.

 Pour Dieu ! Ne me mangez pas.

Moi, vous manger ? Ma bonne amie !

Vous pouvez être un très friand morceau ;

Mais quant à moi, de votre peau

Je vous promets que je n’ai nulle envie.

Lâchez-moi donc, lui dit le souriceau.

  Oh ! Pour cela c’est autre chose.

  Non. Avec vous je me propose,

  S’il vous plaît de me divertir.

J’aime à jouer, c’est mon plaisir,

Et je vous crois très amusante.

Çà ; vous allez voir de mes tours,

  Petite pelote vivante !

Ne craignez donc rien pour vos jours.

  Je ferai patte de velours.

  Et voilà le jeu qui commence.

  On peut juger quel jeu c’était

Pour la souris, qui toute en transe,

  Tandis qu’en l’air on la jetait,

Qu’on la froissait, la ballottait,

Dans l’angoisse et la souffrance,

Jetait les hauts cris, soupirait,

N’en pouvait plus et se mourait.


Ce jeu cruel ne l’est pas davantage,

Que les jeux dont il est l’image.

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Les chats de noble compagnie

Une anthologie où l'on découvre de très nombreuses fables (le chat est l'un des meilleurs protagonistes).

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